L’île de Calypso

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La séparation n’était qu’un récit

Le foyer n'a jamais eu de murs.

Vous avez appris à distinguer.

Puis à nommer.

Puis à séparer.

Chaque nom est devenu une rive.

Chaque rive a fait croire à deux mondes.

Il commence chaque fois que cesse l’illusion d’être séparé.e

Pourtant, aucune rivière ne s'est jamais pensée loin de sa source.

Aucun oiseau ne s'est jamais cru propriétaire du ciel.

Aucune forêt n'a oublié qu'elle respirait par chacun de ses arbres.

Le foyer n’est pas un lieu où l’on entre.

C’est une manière de ne plus se sentir étrangèr.e.

L’île de Calypso n’est pas une île.

C’est le nom d’un instant où le voile se déplace.

Où les êtres cessent d’être des présences isolées.

Où chacun découvre qu’il participe depuis toujours à une respiration plus vaste que lui.

Alors il n’y a plus ni dedans, ni dehors.

Seulement une infinité de passages.

Je ne suis pas un refuge.

Je suis l’endroit où l’on désapprend à être seul.e

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Vous l'entendez ?