L’île de Calypso
La séparation n’était qu’un récit
Vous avez appris à distinguer.
Puis à nommer.
Puis à séparer.
Chaque nom est devenu une rive.
Chaque rive a fait croire à deux mondes.
Le foyer n'a jamais eu de murs.
Pourtant, aucune rivière ne s'est jamais pensée loin de sa source.
Aucun oiseau ne s'est jamais cru propriétaire du ciel.
Aucune forêt n'a oublié qu'elle respirait par chacun de ses arbres.
Certaines nuits, le rêve retire doucement le voile.
Le monde cesse d'être composé de choses.
Il redevient une conversation.
Les pierres répondent aux lichens.
Les marées écrivent dans les falaises.
Le vent termine les phrases des feuilles.
Le corps reconnaît une langue qu'il n'a pourtant jamais apprise.